Fin Décembre 89 en me réveillant j'allume la 5 - à l'époque appartenant en partie au groupe HERSANT -, pour connaître les infos du jour, et là non stop Guillaume DURAND, nous montre en boucle des images des émeutes ? de la révolution ? du coup d'êtat ? du cinéma ? qui se passent en Roumanie et plus précisément à BUCAREST.
La présentation et les propos sont graves car pour accentuer le tout, un journaliste de la chaîne de télé vient d'être mortellement bléssé dans les événements… Bigre.
Pour moi la Roumanie jusqu'à ce moment là c'était Georges ZAMFIR et sa flûte de pan, le XV de Rugby, vaguement IONESCO et DRACULA . J'arrive à Neuilly, JBB est dans le couloir. "Maxou, viens voir j'ai un truc à te proposer " Direction son bureau. "Voilà on met en place un convoi humanitaire, qui part le plus tôt possible, via la Roumanie, tu vas coordonner tout ça…Les stations de province vont être mises à contribution, il faut leur faxer ou téléphoner à toutes le principe de l'opération. En début d'après midi, réunion de l'antenne, tout le monde doit être là. C'est bon ? " - Ben pourquoi pas .. ? ? ?
Et c'est parti, rapidement tout le monde est mis à contribution, c'est simple : On passe une bande annonce à l'antenne, présentant le début de l'opération, chaque station peut recevoir des promesses de dons mais surtout stocker des denrées alimentaires, des vétements, des médicaments, etc… On fait remonter sur Paris et on met en place un convoi humanitaire pour transporter le tout.
Vu comme ça à l'air simple mais je vous dis pas le nombre de petits détails à résoudre. Début d'après midi toute l'équipe d'antenne est présente. Les animateurs, la production et même les techniciens. BS préside la réunion, les idées de chacun sont bienvenues et puis tout à coup quelqu'un lance - J'attriburais la paternité de l'idée à Isabelle, je pense - : "Et si on ouvrait une radio là bas ?".
Excellent ! ! tout le monde est d'accord, mais il faut faire vite, réunir tout le matériel nécessaire. Et là c'est pas une mince affaire… Tout d'abord il fallait garder le secret absolu de la mise en place de la radio jusqu'à sa première émission, ensuite il fallait faire modifier un des émetteurs de réserve, car la bande FM dans les pays de l'est n'était pas la même que dans le reste de l'europe. Il fallait qu'un des techniciens parte, dare dare en Italie pour faire modifier le quartz à l'intérieur…
Et puis trouver les échelons pour faire un mat d'émission, les platines disques, table de mixage, micros, casques, magnétos, etc…et bien sûr récupérer le plus de disques possible et passables… A tous les niveaux ça s'agitait grave, la direction avec B.S., ancien cadre de Radio France, nous avait concocté un rendez vous avec l'équipe Roumaine de RFI. D'un autre côté il s'était rapproché du ministère de la solidarité (à l'époque dirigé par B. KOUCHNER) pour avoir l'aval du ministère des affaires étrangères, de medecins sans frontières, en fait de pleins d'ONG, mais hélas se fut une fin de non recevoir avec en prime la réponse du ministère de la solidarité : "Non ça sert à rien, on a déjà des équipes sur place…". Les seuls a avoir été d'accord pour participer à notre opération ont été l'Ordre de Malte (sic).
Du côté de l'antenne radio, ça commençait à devenir fou, le téléphone sonait sans arrêt : une auditrice de province qui souhaitait offrir des vêtements et cherchait l'adresse de notre station locale, un auditeur qui souhaitait donner des denrées alimentaires, des bénévoles qui souhaitaient participer au convoi. Dans l'entrée des studios de Neuilly, les cartons commençaient à affluer et rapidment nous fûmes submergés par les dons. Il fallait stocker ailleurs.
FUN Radio alors propriété du Groupe Hersant, faisait partie d'un grand groupe de presse, les hangars de stockage à Roissy du Figaro furent mis à disposition. Et voilà comment bon nombre d'entre nous on passés leur réveillon de noel à faire des cartons, des cartons, des cartons… Faire des cartons et les remplir c'était une chose, mais il fallait aussi les acheminer via la Roumanie, donc trouver des camions ? Là aussi les bénévoles furent mis à contribution, une bande annonce sur l'antenne diffusait notre appels aux routiers et transporteurs désirant nous aider…
Très rapidement nous trouvèrent 11 camions 35 tonnes pouvant tout véhiculer et bien sur 11 chauffeurs… Le service communication avait aussi un rôle primordial : contacter l'ensemble de la presse et diffuser l'info de notre opération. Pour courronner le tout nous avions décidé de mettre en place un bus où étaient invités des journalistes qui souhaitaient couvrir l'événement : Libé, Le figaro, Ouest France, Midi Libre, Le Dauphiné-Libéré, etc….et une équipe de France 3.