onlinero.com
» la Roumanie pour les amis
Version : Français Deutsche
Rechercher sur le site
Rubriques
ACTUALITES - EVENEMENTS
Agenda des événements
L'Actualité roumaine
Actualitatea româneasca
Le Journal Non Officiel
TOURISME - DECOUVERTE
Informations générales
Billets d'avion Roumanie
Séjours en Roumanie
Hôtels en Roumanie
Location de voiture
Cartes et itinéraires
  Aller en Roumanie
  Oas-Maramures
  Moldavie-Bucovine
  Transylvanie
Récits de voyage
Découvertes culinaires
La Roumanie en direct
Téléphoner en Roumanie
CULTURE et CIVILISATION
Terre d'art
  Peinture
  Icônes
  Architecture urbaine
  Eglises et monastères
  Moldavie-Bucovine
  Muntenie
  Oas - Maramures
  Transylvanie
  Sculpture
Terre de tradition
  Ethnographie
  Habitat traditionnel
  Coutumes populaires
  Activités traditionnelles
  Le travail du bois
Terre d'histoire
LIBRAIRIE EN LIGNE
Livres et dictionnaires
  Tourisme, découverte
  Apprendre le roumain
  Littérature roumaine
  Livres pour enfants
  Histoire, société, arts
Musique roumaine
Cinéma roumain
  Sélection DVD
  Films et réalisateurs
Empreintes (textes)
Amprente (texte)
Photos/CARTES POSTALES
Cartes évènements
Cartes postales anciennes
Vues imprenables
  Les saisons - Dinu Lazar
  Souvenirs de voyage
  Dobrogea - Mer Noire
  Moldavie - Bucovine
  Muntenie
  Oas - Maramures
  Transylvanie
Architecture urbaine
  Photos de Bucarest
  Photos de Bistrita
  Photos de Brasov
  Photos de Sibiu
  Photos de Sighisoara
  Photos de Timisoara
  Photos Ocna Sibiului
Châteaux et forteresses
  Muntenie
  Transylvanie
Eglises et Monastères
  Moldavie - Bucovine
  Muntenie
  Oas - Maramures
  Oltenie
  Transylvanie
La tradition au quotidien
  Terre de tradition
  Moldavie - Bucovine
  Monts Apuseni
  Oas - Maramures
  Transylvanie
Arts roumains
  Peintres roumains
  Sculpture
Jeux pour les enfants
DIASPORA ROUMAINE
Roumains en France
Roumains en Belgique
Roumains en Suisse
Votre association
Calendar ortodox (ro)
"EXPAT" EN ROUMANIE
PETITES ANNONCES
ANNUAIRE WEB ROUMAIN
LA PAGE DES ENFANTS
FORUM Roumanie
Livre d'Or
DEUTSCHE FASSUNG
Ausflüge
  Bukowina-Moldawien
  Oas-Maramures
  Transilvanien-Walachei
Bilder aus Rumänien
Bukarest
Kunst
Kirchen und Kloster
  Bukowina - Moldawien
  Maramuresch
  Walachei
Tradition
Dorfmuseen
Blättchen
Kinderseite
ACCUEIL > ACTUALITES - EVENEMENTS > Le Journal Non Officiel > La Roumanie, un territoire, une nation, un peuple ?
version imprimable
La Roumanie, un territoire, une nation, un peuple ?
par Eliane
mardi 4 avril 2006
Quelques interrogations qui participent un peu à l'image qu'on peut se faire, ailleurs, provisoirement sans doute, de certains aspects de la Roumanie aujourd'hui.... Réalité, imaginaire de la réalité, ou les deux, intimément mêlés ?

En Occident, nous, les Béotiens de l'Histoire, avons souvent découvert la Roumanie seulement à partir des évènements de 1989. Nous avons imprimé dans notre mémoire l'image des frontières d'un territoire, jusque là noyées dans le flou d'un ensemble de pays, séparés de nous par le Rideau de Fer, et désignés sous le vocable générique de « Bloc de l'Est », comme si tous ces territoires, et tous leurs habitants, qui avaient été indépendants autrefois, souvent avant notre naissance, s'étaient soudain amalgamés les uns aux autres et avaient télescopé leurs identités en une identité unique, par la « magie » d'un régime non moins unique.
La Hongrie, en 1956, avait provisoirement émergé, meurtrie par les nombreuses condamnations à mort de ses dissidents.
La période de 1968, appelée « Le Printemps de Prague » s'est éteinte en quelques mois, dans le fracas des chars.
L'Occident fait des courbettes à un certain Ceausescu, nous sommes à la limite de l'applaudir pour avoir refusé de participer à la répression contre la Tchécoslovaquie, sans doute influencés par un vague sentiment de culpabilité envers ce pays que la France avait complaisamment laissé envahir par Hitler quarante ans plus tôt.
Puis, en 1989, arrive la chute du mur de Berlin et la désagrégation du bloc communiste, en quelques semaines à peine, et l'émergence de tous ces pays qu'on avait un peu oubliés. La géographie européenne se complique. Des tracés de frontières re-découpent les cartes et les territoires.
Au long des années suivantes, des mouvances incertaines créent des « sub-divisions », que nous avons du mal à comprendre et à intégrer dans ce bouleversement de notre monde européen. Des revendications diverses partagent encore ces nouvelles nations. L'URSS éclate en une multitude de pays et de noms nouveaux qu'il nous faut localiser sur les nouveaux Atlas, édités à la hâte. La crise des Balkans fait aussi émerger dans le sang des découpages et des drames humains insoupçonnés quelques années plus tôt.

Certains d'entre nous ont passé des frontières vers l'Est, pour voir, pour profiter de la disparition des interdits de voir, qui là, avaient rarement été assortis d'un désir de transgression, pour essayer de connaître et parfois aussi de comprendre. D'autres ont cherché dans les médias des éléments pour s'y retrouver un peu.
La Roumanie retient l'attention, par les confusions et télescopages entre une Révolution dont nous venons, dans le faste, de fêter le bicentenaire et celle de ce pays qui a, après un procès aussi sommaire que celui de Louis XVI, éliminé son dictateur, dont nous découvrons qu'il n'a pas grand-chose à voir avec le chef d'Etat dont on nous avait vanté l' « occidentophilie  »….
Les médias font état de difficultés ethniques aux frontières et dans le sein de la Roumanie.
Et parmi les nouveaux migrants vers l'Occident, se trouvent aussi des Rroms, ce qui réactive nos préjugés ancestraux, qu'on avait un peu enfouis dans un coin de notre mémoire. D'autant plus que la confusion la plus grande s'insinue dans nos esprits, à partir des qualificatifs dont sont l'objet ces personnes, tantôt «  Roumains », tantôt « Tsiganes », au gré de l'inspiration des uns et des autres.

Et en Roumanie, les choses ne semblent pas se clarifier davantage.
En ce qui concerne le territoire, nous sommes un peu perdus, car, au-delà d'un traçage précis et constant des frontières du pays, bénéficient de l'appellation de Roumains, certains habitants roumanophones du sud de l'Ukraine, du Nord de la Serbie et de la République Moldave, et peut être aussi d'ailleurs, faisant éclater, dans notre tête, les nouvelles certitudes acquises dès la fin de 1989, certes difficilement du fait du nombre important de notions nouvelles à assimiler.

Au-delà des problèmes politiques et économiques sous-jacents que nous connaissons mal, nous avons l'impression, avec notre regard venu de l'extérieur, que ce pays est encore déchiré par des limites internationalement reconnues, mais qui coupent une partie de la population d'une autre partie de la population d'un même pays.
Et cette impression est accrédité par l'acquisition, en 1996, dans une épicerie-librairie-bazar de Câmpulung Moldovenesc, d'un livre édité à Iasi, présenté comme un manuel scolaire : « Istoria ilustrata a Romanilor de la origin pana în prezent - (album scolar) », édité après 1989 par les Editions « Portile Orientului ». Ces précisions sont importantes, car, dans notre méconnaissance d'un pays qui, par ailleurs, nous attirait, nous pensions y trouver un embryon de réponse à cette interrogation.
Et de fait, cet ouvrage, dont, plus tard, nous apprendrons à reconnaître l'origine politisée, ne présente aucune carte du territoire roumain actuel, sans y associer les territoires qui se trouvent sur les territoires officiellement ukrainien, moldave et bulgare.
A l'époque, nous ne connaissions pas grand-chose de la langue roumaine, et c'est avec un travail considérable de traduction, dictionnaire constamment à l'appui, que nous avons compris la totalité du texte, heureusement relativement court.
Cela ne lèvera pas l'ambiguïté pour autant. Les limites des provinces de la Bucovine, qui d'ailleurs se confondent souvent avec ce qu'on appelle aussi Moldavie, l'appellation de « peinture moldave », ou de « monastères moldaves », entretiennent un certain flou dans nos esprits. Elles transgressent les limites du Pays Roumanie.
Il n'est pas question pour moi de prendre la moindre position sur la légitimité ou l'illégitimité de la frontière actuelle. Ce que je souhaite seulement souligner, c'est qu'elle était pour nous un véritable point d'interrogation, que toutes les informations recueillies, tant dans des livres, qu'auprès des personnes avec qui nous avons eu l'occasion de discuter, n'apportaient aucun élément qui puisse donner des éléments de réponse, pour avoir une image plus nette de ce que pouvaient être, dans la réalité d'aujourd'hui le « Pays Roumanie », la « Nation Roumanie », le « Peuple Roumain », termes couramment employé, mais dont la définition nous paraissait plus qu'aléatoire.
De plus, ne nous ont été d'aucun secours nos comparaisons avec l'Histoire plus ou moins lointaine de la France, avec ses particularités territoriales, comme le Dauphiné autrefois italien, mais possession de l'héritier du trône du Royaume de France, et plus près de nous le problème de l'Alsace et de la Lorraine, revendiquées à la fois par la France et par l'Allemagne.

Au fil des ans, nous avons pris conscience que le problème était encore plus complexe que nous ne l'avions entrevu, du fait de la présence, en Roumanie, de nombreuses minorités que tout le monde, ces minorités comprises en parlant d'elles mêmes, appelaient Hongrois, Saxons (ou Allemands), Ukrainiens, Tsiganes, etc… et que la majorité des gens, les autres, c'étaient ceux qu'on appelait Roumains, alors que tous ces gens étaient de nationalité roumaine et que tous parlaient roumain. Des villages avaient une double pancarte, avec un nom en roumain et un autre en hongrois. A Sighet, nous avons découvert le « Lycée Ukrainien ». Dans la région de Corund, nous avons traversé des villages où aucune des devantures de magasin n'affichaient un nom roumain. Nous avons renoncé à y trouver même du pain, ne comprenant aucune des enseignes… Et l'appellation de « Région Hongroise Autonome » retrouvée dans des livres de l'époque communiste, n'était pas de nature à clarifier les choses. Et je ne parle pas des Saxons-Allemands de Roumanie, qui sont de fait Allemands quelle que soit leur implantation sur la Terre, du fait des traditions étayant la conscience d'une nationalité dans la Mère Patrie Allemagne….
De plus, pour faire encore plus compliqué, les tensions entre les groupes d'origine linguistique différente, avec l'exacerbation, parfois, de défenses nationalistes contre le côté angoissant de cette difficile nécessité de se situer, par rapport à soi, par rapport à ceux qui sont dans le même « groupe ethnique », par rapport aux autres. Alors, il arrive que cette « conquête » se fasse, pour ou contre les autres…
Et là, ça commence à ressembler à un kaléidoscope, où une réalité et des imaginaires se mélangent et se déclinent en images multiples d'une seule réalité. Et dès qu'on en saisit une, elle s'efface au profit d'une autre. En écoutant parler les uns ou les autres, on finit par penser, que le mot « roumain » ne signifie pas vraiment la même chose pour tout le monde. Et même nous, commençons à nous sentir un peu mal à l'aise dans ce mode de désignation qui accorde ou retire la qualité de « roumain » aux mêmes choses, aux mêmes personnes, selon le contexte dans lequel on en parle.

Dans le site, en publiant des articles sur les Apuseni, j'ai parlé d'habitat hongrois, cela a été l'occasion d'une légère polémique, dans laquelle cette difficulté de clarté identitaire est parfois venue au premier plan. Aurais-je du parler d'habitat roumain, ou roumain-hongrois, ou roumain des habitants de tradition hongroise, toutes formulation à la fois exactes et erronées, ou employer des périphrases encore plus longues et compliquées pour désigner cet habitat, afin de trouver un néo-langage acceptable et reconnu par tout le monde ?
Là aussi, loin de moi l'idée d'émettre le moindre jugement de valeur sur ce qui laisse entrevoir tant de drames et de souffrances autour de cette quête de « stabilité et de reconnaissance d'une identité roumaine », peut-être plus facile pour les Roumains descendant de populations roumanophones que pour ceux dont la langue maternelle d'origine était autre. Et qui, lorsqu'elle s'exprime ainsi, donne aux autres un sentiment d'être exclus. Autres qui, parfois aussi, sont perçus comme s'excluant eux même, lorsqu'ils revendiquent la spécificité de leur « bain culturel », dans lequel j'inclus la langue qui, en deça de la frontière peut être désignée comme une langue étrangère de l'au-delà de la frontière….
Et le fait que, dans un même village, l'enseignement en langue hongroise et en langue roumaine ne se pratique pas dans les mêmes écoles, propose cette difficulté et ce flou dès l'enfance.
Une commerçante, dans le Bihor, il n'y a pas si longtemps, me disait  : « Je suis de nationalité roumaine, MAIS je suis Hongroise. »
Cela me rappelle le climat de suspicion qui pesait dans l'après guerre sur les élèves (dont j'étais) et établissements scolaires où l'allemand était enseigné, par rapport à ceux dont l'enseignement excluait cette langue honnie pour des raisons de passé historique récent… Je me souviens aussi avoir -en vain-, supplié mes parents de me laisser choisir l'anglais comme première langue, et n'avoir rien voulu entendre de leurs arguments pédagogiques liés à la difficulté plus grande de l'apprentissage de la langue de Goethe. Je ne regrette plus qu'ils aient tenu bon.
Et je ne parlerai pas ici du problème des Rroms de Roumanie, trop important et trop complexe, et pas seulement linguistique, pour être abordé en quelques lignes, mais qui est parfois au cœur de cette « querelle identitaire », si on en juge d'après certaines réactions de rejet qui se font jour, dès lors qu'on les considère et désigne comme des Roumains à part entière, au même titre que les autres.

Plus facile pour les Roumains qui parlent roumain en famille, dans un pays qui s'appelle Roumanie, et qui se désignent consciemment ou inconsciemment comme peuple roumain, c'est-à-dire autochtone et majoritaire ? Est-ce si sûr ? Et voilà de nouvelles interrogations qui surgissent.
Cette conscience d'une identité roumaine fait plus souvent référence à ce qui sépare des autres roumains vécus et désignés comme différents, voire perçus au fond de soi comme étrangers, plus qu'à ce qui les réunit, leur Nation et leurs frontières communes. Avec la vague appréhension qu'elles pourraient bientôt se dissoudre dans l'UE.
Dans la langue française, il n'y a pas de terme plus ambigu que le mot « identité », puisque cela désigne à la fois ce par quoi des individus sont identiques, et ce par quoi ils différent, par exemple dans les documents d'identité…

Alors quelle solution ? Je n'en sais rien. De plus, ce n'est pas à moi de le dire, en ce qui concerne la Roumanie. Ce sont les Roumains qui devront envisager et mettre en place ce qui leur paraît possible. Mais je ne crois pas qu'il puisse y avoir une solution unique et «  magique », pour une situation de fait et qui fluctue dans le temps, qui aussi évolue dans l'esprit de beaucoup d'individus,
Et les circonvolutions de langage -comme celles induites dans notre langue à l'occasion de nos problèmes français du même ordre, même si codifiés et recodifiés, avec l'apparition de mots tabous qui compliquent sérieusement la désignation de certains de nos concitoyens, en vue d'être considérés comme politiquement corrects-, ne suffiraient certainement pas à résoudre un des plus anciens et plus constants problèmes de l'Humanité….
Ce qui ressemble étrangement au destin d'Abel et de Caïn. Et n'oublions jamais qu'Abel en est mort, et que c'est Caïn notre ancêtre à tous….


...
Les ARCHIVES
du Journal non Officiel








Forum de l'article

  • La Roumanie, un territoire, une nation, un peuple ?

    Je suis Ionel ZMAU, un Roumain, maintenant le président de l'Association Culturelle LES AMIS DE LA FRANCE - Petrila, Département de Hunedoara.

    J'ai regardé et je regarde vers la France.

    Pour trouver des partenaires ou pour envisager des projets communes, en 2002, j'ai rédigé un projet : "L'Europe entre l'Occident latin et l'Orient byzantin".

    Parce qu'il y a toujours des choses à... "éclairer", je me permettrais d'y poster l'"Introduction" à ce projet.

    Merci pour votre compréhension !

    EN GUISE D'INTRODUCTION

    Si l'on lisait dans "LE PETIT LAROUSSE" (1995), on pourrait apprendre :

    "ROUMANIE, en roumain România, État de l'Europe orientale ; 237.500 km² ; 23.400.000 h. (Roumains). CAP. Bucarest. LANGUE : roumain. (...)"

    Pour un étranger (un...Français), ce ne serait pas assez. On en devrait donner plus d'informations.

    LA ROUMANIE ET LA FRANCE

    Ces deux peuples sont romains ou néo-latins. Pour bien comprendre cet aspect, on en doit faire des parallèles ou un peu d'histoire, à partir du fait que les peuples romains se sont formés de trois éléments principaux : l'élément autochtone, l'élément romain et l'élément migratoire.

    Le territoire de la France était habité à partir du deuxième millénaire avant J.-C. par les Celtes qui ont été nommés "Les Gaulois" par les Romains. Sous César, en 51 avant J.-C., les Romains ont conquis les Gaulois, en se formant la symbiose gallo-romaine.

    Chez nous, en Roumanie, l'empereur Trajan, depuis deux guerres (101-102 et 105-106 après J.-C.), a réussi à occuper la Dacie dont le roi était le célèbre Décébale, en résultant la symbiose daco-romaine.

    On y a suivi les invasions barbares. En Gaule - dans la région Île-de-France - les Francs. Voilà comment - étymologiquement - la Gaule est devenue la France.

    Autour de la Roumanie se sont établis d'autres peuples migratoires - les Slaves et les Hongrois. On y a suivi, au long de notre histoire agitée, des invasions et des guerres les unes après les autres.

    Le poète roumain Mircea DINESCU écrivait :

    "Nous n'avons pas eu le temps pour construire des pyramides/Pour cela nous avons enterré les pharaons en folklore."

    Les historiens considèrent la Roumanie une "île latine dans une mer slave".

    Le Président de la France, Charles de GAULLE, disait à Bucarest, en 1968 :

    "Il est sûr qu'il y a longtemps que la Roumanie et la France se sont rencontrées dans les domaines de la pensée, de la littérature, de l'art et de la science. Étant toutes les deux latines, elles ont eu - l'une et l'autre - à soutenir des efforts âpres et incessants pour rester latines. Vous, les Roumains, entourés, comment vous étiez, des Slaves, des Hongrais et des Turcs, tandis que vous luttiez d'abord pour obtenir, ensuite pour maintenir votre indépendance au prix de quelles souffrances et par combien de mérites, vous avez gardé votre langue et votre culture. "Mulet e duce şi frumoasă limba ce-o vorbim".

    (Cette dernière phrase a été prononcée par de GAULLE en roumain. En français : "La langue que l'on parle est bien douce et belle".)

    LA LANGUE ROUMAINE ET LA LANGUE FRANCAISE

    Dans le livre "LA FRANCE AUX CENT VISAGES", écrit par Annie MONNERIE (Ed. Hatier / Didier), à la page 199, en ce qui concerne la francophonie, on y peut apprendre :

    ROUMANIE :
    -   1.000.000 francophones réels ;
    -   4.000.000 francophones occasionnels.

    Ces chiffres sont surprenants ? De plus, dans la première part du siècle passé, la ville de Bucarest était nommée "Le Petit Paris", le français y étant très employé dans le haut monde.

    On en a déjà précisé le fait que les historiens considèrent la Roumanie "une île latine dans une mer slave". Le roumain est une langue dérivée du latin populaire, comme le français, l'italien, l'espagnol, le portugais, le catalan et l'occitan. Un profond connaisseur de la langue roumaine, le philologue romaniste Alf LOMBARD a considéré que "... pour connaître les lois d'évolution du latin, le roumain se constitue comme le quatrième pied de la table, étant c'est - à - dire un élément indispensable".

    Il se parle d'un "miracle roumain". A cause des conditions historiques - par l'établissement des peuples migratoires (les Slaves - spécialement) autour de l'espace de l'ethnogenèse du peuple roumain - la langue roumaine a évolué isolée de toutes les autres langues latines - le motif pour lequel le roumain a gardé presque intacte la structure grammaticale et le fond principal de mots du latin.

    Ça fait environ quarante ans que le linguiste roumain D. MACREA, à partir du "Dictionnaire de la langue roumaine moderne", paru en 1958, qui contenait presque 50.000 mots, a établi la structure du vocabulaire roumain selon l'origine des mots. Voilà ses résultats : 20 % mots hérités du latin, 14 % mots empruntés des langues slaves et... 38,42 % mots empruntés du français.

    A partir de la deuxième part du XVII¬e siècle, le roumain - par sa variante cultivée - se rencontre de nouveau avec les langues romanes occidentales. De toutes les influences modernes sur le roumain, la plus puissante a été, indiscutablement, celle française. Il a eu lieu un processus de "relatinisation" de la langue roumaine. Le terme "relatinisation"- se référant spécialement à la langue roumaine - appartient au linguiste Antoine MEILLET, dans l'ouvrage "Linguistique historique et linguistique générale", Paris, 1921.

    Grâce à l'influence française, la langue roumaine s'enrichit et se modernise le vocabulaire. De cette manière, la plupart des termes politiques, militaires, administratifs, juridiques, économiques, philosophiques et scientifiques du roumain sont d'origine française.

    L'ampleur de ce phénomène a été la conséquence des relations politiques et culturelles entre les deux pays latins : la France et la Roumanie.

    Les idées, les nouveautés venaient aussi de Paris - La Ville Lumière. L'influence française s'est manifestée non seulement sur la langue roumaine mais aussi sur notre pensée, sur notre manière moderne de voir et de comprendre le "monde", les choses, la vie.

    "O, FRANCE, MÈRE DES ARTS, DES ARMES ET DES LOIS..."

    Joachim du BELLAY

    On n'exagèrerait pas du tout si l'on considérait Paris, par son bon accueil, comme un berceau des artistes et des hommes de lettres, comme la capitale culturelle du monde entier. De grandes personnalités de différentes nationalités y ont vécu et créé. Il y a aussi des Roumains qui ont créé à Paris, en enrichissant le patrimoine culturel de l'humanité.

    Voilà quelques Roumains... "célèbres" :

    -   Eugène IONESCO : membre de l'Académie française, fondateur de notoriété internationale du théâtre de l'absurde.

    -  Émile Michel CIORAN : philosophe, essayiste, maître du style.

    -   Tristan TZARA : écrivain, fondateur du mouvement dadaïste.

    -   Benjamin FONDANE : poète et essayiste, participant à la Résistance française, tué à Birkenau Auschwitz par les nazis.

    -  Panait ISTRATI : écrivain, connu surtout par son attitude politique, présentée dans les livres "Vers l'autre flamme" et "Confession pour vaincus".

    -  Mircea ELIADE : écrivain, spécialiste de l'histoire des religions et de l'étude des mythes.

    -  Constantin BRANCUSI : grand sculpteur qui a renouvelé l'art moderne, dont l'atelier parisien est reconstitué devant le Centre Georges Pompidou, à Paris.




    20 juillet 2006, par Ionel ZMAU
  • La Roumanie, un territoire, une nation, un peuple ?
    Merci Éliane ! Peutite contribution pendant la fermeture du forum : Pendant combien de génération peut-on se prévaloir de ses origines, ou, inversement, peut-on nous "accuser" d'avoir telle origine ? J'ai déjà débattu de ce sujet… Un regard sur la France, sur les Bretons ou Auvergnats venus à Paris au 18e siècle. Certais de leurs décendants se réfèrent encore à leurs origines… La dilution a opéré, elle opèrera, même s'il est normal que chacun veuille garder la culture de ses origines ! Bien sûr, à Corund, que je devrais écrire Korond, pas un enfant ne parle le Roumain. Mais pas un ne sort de son village ou de son canton. Quand ils étudieront à Bucarest, puis à Paris avec une bourse Érasmus, ils découvriront qu'ils sont les produits de l'Europe, dans sa merveilleuse diversité. J'aime l'Europe ! J'ai des amis très métissés, ils sont beaux de leurs métissages. Personnellement, ma famille a tellement bougé que je me sent métis dans l'âme ! Ce qui fait que je me sens aussi très Roumain, comme bon nombre d'entre nous qui participons à la nouvelle page d'histoire de ce pays qui nous a adoptés ! ! ! À bientôt. Lucuts


    2 juillet 2006, par Lucuts
  • La Roumanie, un territoire, une nation, un peuple ?

    Je découvre seulement ton texte Eliane... Bravo pour partager ici ce qui est rarement clairement énoncé à propos de la Roumanie. D'ailleurs je trouve vraiment qu'il y a dans ton texte matière à une publication nettement plus large, d'autant apropriée avant l'adhésion de la Roumanie au "Club". Car quels médias ont jusqu'ici dépeint la Roumanie autrement que comme une "nation" homogène, hormis le "phénomène" tsigane ? Il est vrai que rien que celui-ci seul est déjà bien ardu à comprendre (ou même à "approcher") pour nous, européens occidentaux...

    Cependant il semble que vivre en Belgique présente un avantage pour appréhender la réalité roumaine. En tout cas par rapport aux français -et sans doute aux allemands ? - Cela m'a semble-t-il permis d'échapper à la perplexité dont tu nous fais part. Est-il vraiment utile que j'évoque ici plus précisément cette "réalité" belge ? Ce pays ne revendique pas pour rien le titre de "pays du suréalisme" ! :-) Vous connaissez bien sûr le clivage liguistique (et culturel !) nord-sud, mais la Belgique a en fait trois langues officielles. Peu de français connaissent en effet l'existence des "cantons de l'Est" sur la frontière allemande : une minorité de quelques dizaines de milliers de gens dont l'allemand est la première langue, et jouissant d'une autonomie politique aussi grande que les trois autres principales "régions". Trois, car quand on envisage la politique, tout ce complique bien davantage ! Bruxelles, officiellement bilingue, constitue en effet une "région" à elle seule : à la fois incessante pomme de discorde et cheville qui empêche (jusqu'ici) le pays de totalement éclater... (et disparaître) ; bien plus que la totalement désuète monarchie. Raison pour laquelle on a pas encore sérieusement envisagé la solution d'en faire une "ville internationale", hors nationalité (ou un pays à part entière, comme Singapour :-) Nous avons donc de ce fait le plus de ministrex au m2 qu'aucun autre pays. A ceci s'ajoute des institutions complexes, aux compétences difficiles à comprendre vu de l'extérieur, telle notre "Communauté Française", régissant -notamment- l'enseignement en Wallonie et à Bruxelles. Ayant considéré ceci, je note de façon anecdotique que nous avons une province du Luxembourg, qui cotoîe le GRand Duché du même nom, car faisant partie du même "Comté" avant la création de la Belgique. Que Liège et sa province garde de cette période de l'histoire "anté-belge" un vif esprit d'indépendence, souligné par la différence dialectale (à présent les dialectes wallons ont de fait disparu, mais imprègnent encore l'esprit régional des sois-disant "Wallons"). Que les universités francophones se livrent une guerre larvée à travers la société, doublée de celle des partis... Je crois pour conclure que le terme "hallucinant" n'est pas trop fort pour qualifier la situation de ce petit bout de territoire, des dizaines de fois plus petit que la Roumanie...

    Et je n'ai rien dit des immigrés, qui posent chez nous quasiment les mêmes questions qu'en France ; celle d'une "citoyenneté de second rang", laquelle finalement ne me semble pas très loin de la "question" tsigane. (et je pense qu'en France les choses sont d'autant moins simple du fait des "Territoires d'Outre-Mer).

    Alors, oui, Eliane, être un "citoyen", c'est parfois bien compliqué dans certains pays de l'Europe actuelle. Raison pour laquelle je trouve que celui de "citoyen européen" pourrait avoir quelque valeur, sans non plus régler tous les problèmes.

    -  Luc-




    23 mai 2006, par Luc
  • La Roumanie, un territoire, une nation, un peuple ?
    Eliane, je te signale d'abord une faute (de frappe, surement) : le printemps de Prague fut en 1968, pas en 1988. Deuxiemement, sache que les citoyens roumains d'origine hongroise s'appellent "magyars".


    7 avril 2006, par Geo
    • La Roumanie, un territoire, une nation, un peuple ?

      Merci, Geo, pour tes remarques.

      En ce qui concerne le "Printemps de Prague", il s'agissait évidemment d'une faute de frappe que j'ai corrigée.

      Par contre, comme le mot hongrois "magyar" se traduit en français par "hongrois" (je l'ai vérifié dans un dictionnaire hongrois-français), il ne me semble pas qu'il y ait grande différence sur le fond, si dans un article en français, j'emploie le mot traduit au lieu du mot dans la langue d'origine. J'ai également cherché dans tous mes dictionnaires (roumain-français, français-roumain, dictionnaire général de langue roumaine, anciens et récents), le mot magyar n'y figure pas et le mot roumain "maghiar" se traduit par "hongrois" en langue française .

      Alors désigner les roumains d'origine hongroise par un terme d'une langue étrangère (magyar : mot hongrois) semble aller dans le sens de l'ambiguïté que je soulignais. Mais je crois que le problème se situe bien au delà des mots employés.


      8 avril 2006, par Eliane
  • La Roumanie, un territoire, une nation, un peuple ?
    Bonjour ! Je suis roumaine ,je voit cet article tres bien fait , je consider qui'l est meme necessaire pour un site pareille . C'est un sujet delicat ,et l'intention e bonne ! Comme je connais deja un peu ceux qui travaille sur les articles ,je fait confiance a leur point de vue obiectif . Merçi de votre interets pour l'image de la Roumanie ,qui est pas a ça juste valeur ! Avec respects , Redi


    6 avril 2006, par Redi
    • La Roumanie, un territoire, une nation, un peuple ?

      Merci, Redi.

      C'est grâce à ton propre questionnement sur notre forum, qu'à mon tour, je suis revenue plus précisément sur mes propres interrogations, laissées en suspens, tout au long des années de fréquentation de ton pays, si courageux et si attachant.

      Courageux, parce que le problème des minorités s'aborde la plupart du temps de façon beaucoup plus nuancée et profonde que chez nous, dès lors que cela dépasse très largement la prolifération des lois contre les discriminations -même si elles ont leur rôle à jouer-, ou l'emploi d'un nouveau vocabulaire.

      Aucune loi, aucune désignation nouvelle ne résoudra complètement des interrogations qui se situent au plus profond du coeur et qui touchent aux racines de chaque individu.


      8 avril 2006, par Eliane
      • La Roumanie, un territoire, une nation, un peuple ?

        Eliane,- Le titre meme de votre article resume votre conclusion de facto ; elle mets en doute l'existane, le bon fondament de l'etat roumain, du peuple roumain, d'une histoire milenaire probablement et malheureusement qui vous est peu connue.

        La Dacie et les dacs (les ancestres des roumains), pays et peuple antique avec l'attestation des dizains des rois et des dizaines des villes (davas)- avant Jesus Christ, quand dans la meme periode les germains habitaient des petites villages dans les forets... Herodot ( 500 ans avant JC) les mentionnait comme le peuple le plus nombreus apres les ...indiens ! La colonne du Trajan dans le forum à Rome, c'est la preuve irrefutable de la vigueur de ce peuple, temoignage unique de l'architecture, armes, habits, etc. La conquete romaine, l'invasion des migrateurs, et plus tard, les 3 grandes empires qui se croisaient sur le teritoire de l'ancien Dacie (l'empir autrichien-la Tranylvanie ; l'empir turc- la Moldavie et la Muntenie ; l'empir rus- la Moldavie) ont separé pendant des siecles les roumains. -L'unification- la REunification, pour une premiere fois en 1601 et plus tard, en 1918, après le demembrement de l'empir autricien de triste souvenire, la "prison des nations".

        Malheureusement il y a encore des nostalgiques des empires pouris, qui ne se jenent pas a rever à un passé revolu depuis longtemps ; pitié, pitié et de nouveau pitié. Ils n'ont rien compri de l'histoire ; ils revent encore des parties de Croatie, Serbie, Slovenie, Slovaqie, Roumanie...Meme aujourd'hui, dans l'Europe unie, ils nient encore les principes de la revolution francaise et les principes wilsonienes de la liberté des nations...

        Pour les roumains l'unité retrouvé après tant des siecles d'oprimation- elle est sacré. Mais ils repect les minorités et ils sont un exemple pour toute l'Europe.

        Horia


        28 février 2010, par Horia
        • La Roumanie, un territoire, une nation, un peuple ?
          Bravo, Horia ! Eliane méritait bien votre mise au point après son "étude" bien sommaire sur le droit bien fondé des roumains de se faire reconnaître leur existence en tant que nation, territoire, peuple latin, aussi bien justifiés que le conglomérat des bretons, savoyards, normands, alsaciens, corsicains qui sont appelés français. Eliane pourrait par la suite approfondir ses recherches en se renseignant sur la politique menée par les hongrois de "magyarisation" de la population trouvée sur les terres roumaines de Transylvanie par la "correction" à titre obligatoire des noms de Ion en Istvan, Gheorghe en Ghiuri, Mihai en Miclos, Petre en Pista, Ileana en Ilona ou leur religion orthodoxe en catholique ! C'est vraiment hilaire, de prétendre après 20 de la "découverte" des pays au-delà du rideau de fer qu'on connait déjà suffisamment leur histoire pour conclure sur la légitimité des leurs aspirations communautaires européennes. 2.500 km loin des frontières français il y avait, depuis des siècles, un pays "mal connu" car méconnu par rapport aux pays bien plus lointains, en Afrique ou en Asie, mais colonisés, hélas ! Ce qui explique, question d'inculture quand même, les fréquentes confusions entre Bucarest, Budapest, Belgrad ... ! !

          5 août 2010, par victor




billet avion

Commentaires récents
La Roumanie, un territoire, une nation, un peuple ?
Le jeudi 5 août 2010, par victor
La Roumanie, un territoire, une nation, un peuple ?
Le dimanche 28 février 2010, par Horia
La Roumanie, un territoire, une nation, un peuple ?
Le jeudi 20 juillet 2006, par Ionel ZMAU
La Roumanie, un territoire, une nation, un peuple ?
Le dimanche 2 juillet 2006, par Lucuts
La Roumanie, un territoire, une nation, un peuple ?
Le mardi 23 mai 2006, par Luc


La Roumanie pour les amis www.onlinero.com | www.laroumanie.com Bienvenue en Roumanie !
© Iulia Tomescu (Juby) & Eliane Roussel - site en ligne depuis 1997
CONTACT : | Ce site fonctionne sous SPIP et utilise Blogger