On apprend dans la presse roumaine aujourd'hui : Le Secrétariat d'Etat pour les Problèmes des Révolutionnaires (SSPR) vient de rendre publique son rapport d'activité pour cette année.
Sur 10 pages que ce rapport compte, les éloges envers le président actuel, Ion Iliescu, ne tarissent pas : « Nous avons toujours besoin de l'Homme qui lutte pour le respect et l'application des idéaux de la révolution roumaine de décembre 1989 ».
Effectivement, la Roumanie aurait bien besoin d'un tel homme et même de plusieurs du même calibre car la tâche n'est pas des plus faciles. Parlons-en des idéaux de cette révolution. Très vite nous risquons de nous retrouver dans une impasse, obligés à recourir aux synonymes approximatifs et guillemets. Car quelle révolution pourrait avoir comme idéal de pactiser avec le régime politique qu'elle compte renverser ?
Aller jusqu'à reconnaître comme incarnation des idéaux révolutionnaires un représentant de l'ancien régime n'est pourtant pas seulement une regrettable faute de goût. En réalité il ne s'agit pas d'une erreur mais de ce que la majorité tend à approuver et élire naturellement : l'inertie, la continuité rassurante, la persévérance sur la voie bien connue du mensonge, obligatoire autrefois et auto-imposée aujourd'hui par opportunisme. Histoire de laquelle ils n'arrivent pas à en sortir car ils ne le veulent pas - ce n'est pas du tout dans leur intérêt. Abonnés à vie à la duplicité - quoi de plus difficile que de se remettre en question ?
La révolution - victoire d'une majorité aux risques et périls d'une infi(r)me minorité. Rien ne manque au tableau d'Halloween absurde, même pas un secrétariat d'état au nom problématique ou les scandales à répétition des faux « certificats de révolutionnaires » toujours côtés à la hausse sur le marché. Pas même les victimes de balles bien réelles, réduites à des ombres faisant la manche en (lieu et) Place de la Révolution.