Les plus extravagants temples que notre société dite "de loisir" dédie aux dieux du divertissement sont très évidemment ces "parcs de loisir", appelé plus communément "parcs d'attraction", ou parfois "parcs à thème". Ils y tiennent un peu lieu de ce qu'étaient les jeux du cirque dans le monde romain, et sont peut-être les plus direct héritiers des cirques "de toile", et surtout des foires foraines (fancy fairs) nés au XIXe siècle.
Le cinéma, principale discipline de nos divertissements et fantasmes modernes, a accompagné le cirque avant de le supplanter, et non sans lui rendre les (derniers) hommages d'ailleurs. Et c'est spécialement le cinéma qui témoigne et gardera la mémoire de tout ce que représenta de merveilleux, pour quelques générations d'enfants, le cirque comme la foire. Et de souvenirs émus pour les adultes qu'ils devinrent.
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Les foires foraines subsistent quelque peu, comme le cirque, mais pas plus que celui-ci ne conservent ce pouvoir d'enchantement originel, concurrencés par trop de diversité divertissante (ou distrayante). Dans laquelle il est à craindre que l'enchantement lui-même ai périt, un peu d'ailleurs comme la révélation particulière que nous pouvions recevoir (ou du moins rechercher) à travers l'œuvre d'art.
Ce constat désabusé, que menace toujours quelque mélancolie, n'est en tout cas pas le lieu de faire la fine bouche, et de regarder de haut une pratique culturelle, ni parcequ'elle est "populaire" (on dit à présent "de masse", le peuple ayant disparu depuis), ni seulement parcequ'elle est contemporaine.
Après tout, je garde aussi de mon enfance, plus que du cirque, des souvenirs attendris d'un des tous premiers "parcs de loisir" qui ai vu le jour de par chez nous. C'était sur la frontière française, précisément à Anor, et s'appelait "la Galoperie", nom assez explicite je crois. Ce parc n'avait réellement que fort peu à voir avec les "Dysneylands" d'aujourd'hui ; à peine peut-on les assimiler sous une appellation identique. D'ailleurs il s'insérait dans le paysage rural "naturel", celui-ci faisant même partie du charme. Mais si je ne suis aucunement sensible à l'attraction que paraît exercer ces lieux sur beaucoup de mes contemporains, je ne dénie pas nécessairement à ces "mondes de fantaisie" le pouvoir d'impressionner l'imaginaire des jeunes enfants comme le fut le mien par le "pauvre" parc d'Anor. Je conçois qu'il faut d'autres moyens pour impressionner une génération nourrie de TV couleur, de films américains, de jeux vidéo et d'Internet.
On peut d'ailleurs compléter l'inventaire par les parcs animaliers. Le fait qu'il en existe bien moins que les "parcs à thème" traduit sans doute leur moindre succès. Ils sont eux les héritiers des zoos, mais aussi peut-être des "ménageries" des cirques. Leur rôle éducatif paraît autrement important que celui des "fancy fairs" ; et pas nécessairement auprès des seuls enfants. Je citerai simplement l'exemple d'un des ces parcs présentant des loups, dans le Gévaudan. Il en existe aussi bien ailleurs, notamment aux Etats Unis, mais celui du Gévaudan a bien entendu une charge symbolique (historique ?) que n'ont pas les autres. Dans tous les cas, de tels parcs, à conditions d'être particulièrement bien conçu et entretenu, peuvent être des lieux de rencontre privilégiés avec une nature "plus vraie", en tout cas moins apprivoisée que celle accessible ordinairement aux citadins que nous sommes (presque) tous devenus.
Le tourisme est de fait l'autre pratique qui distincte nos sociétés de loisirs dans leur quête de distraction. Pour une majorité de gens, on oserait même plus vraiment évoquer la quête d'exotisme ou de dépaysement. Il suffit d'évoquer la cuisine, qui fut sans doute pendant longtemps le lieu le plus "sacré" et sensible de l'exotisme. Dans la plupart des grandes villes des pays catalogués comme "riches", il nous est possible de trouver un bon échantillon, à peine édulcoré, de toutes les cuisines du monde. Tout comme, en voyage, on peut nous garantir la possibilité de "manger comme chez soi". C'est ainsi que le voyage ne se veut même plus "découverte" de l'ailleurs, et encore moins de l'autre. Même si le mot reste favori des tour operators… Parcequ'il continue à nous promettre "l'échappement" ; mais celui-ci reste à peine une promesse rituelle. C'est à peine si le voyage arrive encore à nous distraire, et dans ce sens les parcs à thèmes participent au fond de la même démarche, et avec peut-être davantage de succès. Le touriste ne voyage plus vraiment pour trouver le dépaysement (encore moins l'aventure !), mais plutôt, en effet, pour vérifier que le monde correspond bien à la perception qu'il en a (qu'on lui en donne). Et pour le plaisir symbolique "d'avoir été là", tel le pied d'Armstrong sur la lune ; fait historique qui ne peut s'accomplir d'ailleurs que grâce à l'enregistrement photographique (pour la postérité, comme on dit).
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Les autorités Roumaines ont fort logiquement tiré les conclusions -purement mercantiles- du processus. Dans ce pays parmi les plus dévastés par "l'expérience" communiste, le tourisme représente la principale richesse ; même si elle n'est encore qu'assez potentielle, faute de structures. Du moins c'est dans ce secteur, comme on sait en "pleine croissance", que les investissements sont le plus rapidement accessibles pour ce pays en pleine reconstruction.
Pour des raisons historiques le tourisme en Roumanie est un phénomène récent, et très lent à vraiment démarrer, même si on le compare à la situation existante en Hongrie et en Bulgarie. Pourtant le potentiel de la contrée n'a rien à envier à ces voisins. Il est aussi bien paysager, naturel, que "culturel". Certes Bucarest a moins conservé de "pittoresque" que Budapest, mais hors des villes le pays n'a pas beaucoup changé depuis le début du XXe siècle : Ceausescu n'a pas eu le temps, ou les moyens, de transformer les campagnes comme il l'a fait des villes, bien qu'il en ai eu évidemment le dessein. Par contre, grâce à lui le pays fut complètement isolé de l'extérieur -comme de tout progrès- pendant près de 40 ans. Ce qui fait de la Roumanie le paradis des ethnographes et des musicologues.
Pas seulement venus de l'étranger, soit dit en passant. Car la Roumanie fut vraiment parmi les pionniers dans l'étude et la mise en valeur du patrimoine traditionnel. Il est vrai que celui-ci a toujours été particulièrement riche, mais surtout que, à la fin du XIXe siècle, c'était la principale richesse "culturelle"dont elle pouvait se prévaloir. C'est ainsi qu'y furent créé deux "écomusées", au début du XIXe siècle, bien avant que cette appellation voit naissance. Il s'agit même des premiers d'Europe, avec, mais quasi contemporains- ceux de Scandinavie ; bien avant la fondation de notre Bokrijk belge, qui n'a fait que suivre ces exemples, de façon d'ailleurs fort modeste. Non seulement ces deux musées de la vie rurale roumaine existent toujours, mais il en fut créé d'autres dans le pays pendant la période communiste. Aujourd'hui, le "Satului Muzeul " reste le lieu le plus visité par les touristes à Bucarest. Et celui de Sibiu le plus grand eco-musée d'Europe, aussi bien en superficie qu'en éléments conservés. Ces musées sont constitués essentiellement par des constructions traditionnelles prélevées in situ et reconstruites dans le parc. Cependant ces institutions se sont toujours également préoccupé de ce qu'on nomme à présent le "patrimoine immatériel", puisqu'il est évidemment inséparable de la production artisanale.
C'est une démarche dont on peut critiquer l'artificialité. Elle est de fait totalement dans l'esprit du XIXe siècle, qui inaugura l'intérêt pour les us traditionnels, c'est-à-dire ruraux. Quitte à les réinventer (c'est notablement le cas, en France, pour les costumes locaux). Un peu comme l'architecture gothique était réinventée par Viollet-le-Duc. Mais l'origine de la démarche se trouve déjà au XVIIIe siècle, dans le début de cette immense entreprise de classification du monde. Comme dans les "fabriques" construites par une Marie-Antoinette qui aimait tant jouer à la bergère, prélude sans doute du romantisme. Cependant, cet intérêt donne naissance à l'ethnographie, nouvelle façon de regarder les autres ; l'homme lui-même, et donc de se dévisager soi-même. Et quoi qu'il en soit, ces espèce "d'arches de Noé" des traditions rurales que sont les écomusées roumains ont fortement contribué à préserver au moins la mémoire d'une part importante de racines incroyablement riches et anciennes, mais déjà en voie de dessèchement au début du XXe s.
Le public pour ces musées n'est pas foule. Bien que pas négligeable, il est en vérité surtout constitué des roumains eux-même, fiers à juste titre de ces racines. Plutôt que des lieux de mémoire, ils sont à vrai dire la représentation (symbolique ?) d'une Roumanie encore bien vivante, au moins dans l'esprit des visiteurs nationaux.
Mais ce ne sont donc pas ces nobles et intéressantes institutions qui peuvent être porteuses des mannes célestes promises par le dieu du tourisme. Pas plus que le très riche musée d'art ancien qui tente avec peine de renaître, à Bucarest. Bien sûr, il y a le "tourisme vert". La dure vie de la campagne à la portée de toutes les bourses en quête d'authenticité. Ce qui se pratique de plus en plus en Europe -spécialement en France- devrait s'épanouir considérablement sans un pays(age) si préservé. Mais pas sans certains obstacles, cependant.
D'abord, cette "dureté" même. Authenticité rime avec un certain inconfort. En tout cas selon les critères du tourisme "de masse" à l'occidentale. Car faute d'autres structures, il ne peut se faire qu'en logeant chez l'habitant. Certes il s'agit dans ce cas des maisons les plus confortables des villages ; seuls les gens les moins pauvres donc. Mais même comme cela… ces maisons ne sont pas les "neutres" "gîtes" de France ou de Belgique, puisque habitées au moins en partie par une famille "hôte". Bref il s'agit ni plus ni moins de vivre chez les autres, qui plus est de parfaits inconnus au départ. Ce qui pour des individualistes forcenés qui ne supportent d'être choyés que par eux-mêmes, ou éventuellement par le service impersonnel des hôtels, pose plutôt problème. A cela s'ajoute le problème, plus grand encore, de la communication.
Si beaucoup de roumains continuent à se souvenir d'un peu de français à Bucarest, et si de plus en plus jeunes connaissent l'anglais, comme partout, c'est assez différent dans les villages. Même chez ces gens les moins pauvres qui ont seuls la possibilité d'héberger des touristes. Il ne reste alors soit qu'à apprendre la langue locale, effort plutôt improbable, soit à trouver et rétribuer un "guide", ce qui renvoie assez au tout début des pratiques touristiques. D'ailleurs, dans tout pays présentant un écart de niveau de vie important avec celui du touriste, la démarche de celui-ci reste toujours quelque peu teintée du souvenir du colonialisme. Outre tout cela il reste encore un autre inconvénient, vraiment majeur, au tourisme chez l'habitant : il est "informel". L'argent dépensé l'est chez des particuliers, et qui plus est souvent "en noir", faute de pouvoir établir un contrôle efficace avant longtemps. Autrement dit l'Etat (c'est-à-dire les autorités) n'y gagne rien.
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De ce fait, le développement du tourisme rural intéresse peu les autorités. L'Etat surtaxe d'ailleurs les quelques rares tentatives de monter une entreprise officielle dans ce secteur. Peut-être tant mieux pour la tranquillité (de plus en plus désertée) des villages. Mais dommage pour la population locale, ou du moins cette frange susceptible d'en profiter. Dommage aussi pour un festival de musique traditionnelle créé en 1996, dans le Maramures, et qui était pourtant plein d'immense promesses et avait réussi une rare communion entre touristes étrangers, touristes roumains, et population(s) locale(s). Faute de crédits, il périclite.
Mais donc, le ministre du tourisme a trouvé bien mieux : Dysneyland. C'est à dire à la sauce roumaine, ce qui donne "le parc Dracula". Chacun ses héros mythiques, d'opéra, de BD, ou de cinéma.
D'ailleurs, il faut souligner que cette idée est à peine une création ; elle ne fait qu'entériner somme toute un état de fait, et que correspondre à une demande (commande ? ) qui a fondu sur la Roumanie dès que ses frontières ce sont réouvertes. Imaginez : plus de 250 films tournés, 1000 livres édités, 4000 "Dracula clubs" dans le monde. Dont la plupart aux Etats Unis et au Japon… De quoi saliver… C'est vrai que ça énervait quelque peu les roumains, il y a encore quelques années, cet amalgame complètement artificiel entre le "monstre" imaginé par Bram Stoker et leur pays, quelque soit l'élégance du héros et la fascination qu'il exerce. Mais ils leur a bien fallu constater : si la Roumanie est connue, c'est surtout à travers cette image populaire. Si Astérix le Gaulois est une caricature , c'est au moins toujours une caricature ; donc pas sans un lien, aussi ténu soit-il, avec un mythe national. Rien de tel ici, tout est en pur stuc, cent pour cent rapporté par un littérateur populaire anglo-saxon , qui a choisi la Roumanie comme il aurait pu choisir n'importe quel autre lieux de la planète lui paraissant assez obscur pour nourrir l'imaginaire de ses lecteurs.
Bien sûr ca fait déjà longtemps qu'on avait ressorti un leurre de certains tiroirs de l'histoire de la Roumanie, daté de bien avant l'existence de celle-ci ; histoire de présenter aux fans de Dracula quelque chose d'autre à mordre que le vide. Peu importe si le sombre personnage historique en question, Vlad Tepes, avait plutôt remplit les fonction de héros national jusque-là. Comme il était précisément inconnu, au moins des touristes, il fut facile de le transformer en "terrible empaleur", et surtout en la figure 100 % authentique et garantie originale du Dracula médiatisé. Et de présenter aussi à l'avenant un des rares châteaux encore intacts en Roumanie, comme étant son propre château ; le "château de Dracula" ! Tant pis si celui-ci ressemble plus à un château de conte de fée que de film d'horreur. Nous ne sommes plus à un détail près, et cela n'empêche certes pas les touristes de débarquer par bus entiers. Les organisateurs sont certains que lorsque le parc sera ouvert, ce sera par charters.
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Le pactole semble si fabuleux qu'il y a même compétition entre les institutions. Dans un pays qui se restructure avec difficulté, et où la révolution fut plutôt "de principe", mais très peu de personnes, on doit peu s'étonner. C'est ainsi que la ville de Brasov veut à présent lancer son propre parc Dracula, en complète concurrence avec celui "du ministère".
L'introduction donnée à ce texte nous empêche toute causticité gratuite. Laquelle est toujours un peu facile et défoulatoire, mais n'éclaire qu'assez peu toute réflexion.
Après tout il est indéniable que ce serait en quelque sorte maladroit de ne pas profiter de ce tourisme, puisqu'il existe au moins potentiellement, et surtout puisque le pays a tant besoin d'argent. Même si en un premier temps l'opération, par sa démesure toute "Ceaucescuenne", est en train de créer un abîme de dettes pour l'Etat.
De plus, voici le premier parc à thème dont le héros sera un personnage de cinéma, et non quelques fantasques personnages (seulement) dessinés. Ce ne semble pas une innovation si anodine, même si on considère que le thème importe au fond assez peu. C'est quand même lui qui attire, du moins dans le cas Roumain : de fait un site dédié à Spirou ou à Charlie Chaplin n'aurait aucune chance en Roumanie.
Certains roumains "cultivés" se sont bien entendu émus. Leur préoccupation la plus sérieuse et légitime est la destinée de deux petit joyaux de l'architecture médiévale, aux portes desquels va se déployer les 60 ha du parc. Il s'agit de la ville de Sighisoara, et de l'ensemble fortifié de Biertan (tous deux sur la fameuse liste de l'UNESCO). Ces "monuments" sont en voie de restauration, mais de fait très fragiles, techniquement comme socialement parlant. Même après ces restaurations, qui prendront encore bien des années vu les crédits alloués, on ne peut que redouter l'effet d'une affluence de touristes dans ces lieux préservés. Le fait que le problème n'est sans doute pas très spécifique à la Roumanie n'aidera pas nécessairement à se faire une raison. Car si dans d'autres pays le patrimoine monumental est la principale attraction du tourisme, et est soigné en conséquence, ce ne sera pas vraiment le cas ici. On peut même dire que les autorités agissent ici plutôt malgré ce patrimoine, ou en tout cas en tenant fort peu en compte sa fragilité et sa valeur.
On peut s'interroger aussi sur la valeur du "développement" ainsi apporté. Même si le projet est aussi fructueux qu'escompté, et crée autant d'emplois qu'annoncé. Comment cet argent sera-t-il réinvesti ? (s'il l'est… ) Mais surtout, pour employer la formule magique du moment : quid du "développement durable" ? L'argent comme seul mobile et justification correspond bien entendu a la réalité d'un monde soumis aux lois de l'économie. De plus en plus cependant certaines voix tentent de semer le doute. Spécialement à propos des pays dits "en développement" auxquels on impose l'exemple et la loi des pays riches. Concrètement, le parc Dracula va-t-il faire des heureux autres que les touristes et une poignée de promoteurs (et de politiciens) ? D'après certaines enquêtes menées, par exemple par France Culture, auprès des employés du parc de Marne La Vallée, on peut craindre que le château soit hanté. Si l'exploit consiste à transformer le jeune paysan du coin en marionnette à touriste corvéable à merci, le progrès social effectif n'aura lui aussi de magique que l'apparence. Et de fort loin.
Quant à l'image de la Roumanie projetée à l'étranger, et par là aussi que les roumains ont l'occasion de se recréer d'eux-mêmes, le scénario n'a vraiment rien de fameux.
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Cependant le parc Dracula va inaugurer une autre première. Et même trois, finalement. D'abord ce sera la première fois qu'un parc à thème sera créé uniquement pour des touristes étrangers (et même plus spécialement une certaine catégorie de ceux-ci). Ce semble aussi la première fois qu'un pays, en tant que destination touristique, se recrée en quelque sorte complètement selon l'image que ceux-ci projette sur le pays, aussi artificielle et "kitch" soit-elle. Ceci évoque assez la notion de "terraformation" imaginée par la science fiction.
Et ce sera aussi par là la première fois que des milliers de touristes vont prendre l'avion, souvent de fort loin, pour visiter un monde complètement imaginaire, et complètement artificiel. Au milieu de "nulle-part". Copie quasi conforme du Dysneyland qu'ils ont chez eux, hormis le thème.
En guise de conclusion, deux remarques plus générales. Un débat radiophonique portait récemment sur l'image que les Nord américains ont d'eux-mêmes. Une journaliste (Christine Garcin) qui semble connaître le pays, a laissé échappé que les américains voient les Etats-Unis "comme un grands parc à thème". Je dois avouer que je n'ai pas très bien compris ce qu'elle voulait dire. Ce qui me semble plus évident, c'est plutôt -ou d'abord, comme on veut- qu'ils regardent le reste du monde comme un vaste parc à thème. Et d'autres à leur imitation, puisque le pli est pris de les suivre…
Considérons à présent le patrimoine dans sa globalité, et particulièrement le patrimoine bâti. On pourrait se demander si la gestion de celui-ci n'est pas occupé à évoluer de plus en plus vers celle d'une espèce de parc à thème, à niveau national ou même international (en tout cas européen, étant donné l'image de "berceau" que représente le continent ailleurs, et notamment aux USA).
Dans cette perspective, il me semble intéressant de signaler la sortie d'un CDrom a destination ludique, mais qui est en fait un logiciel permettant de "gérer" un parc à thème, en l'occurrence sur les dinosaures. Amélioré et adapté, voici peut-être l'outil idéal pour les futurs gestionnaire du patrimoine. Et appelé à remplacer toute formation spécifique, tel un "DES " ? …