Parti pour la première fois à Bucarest en voiture, j'en suis revenu ce vendredi dernier... Au poste frontière de Nadlac j'avais remarqué à l'entrée en Roumanie LES kilomètres de camions attendant le passage à la douane. Au retour, plus qu'une dizaine de camions, mais une longue file de voitures.
Je remonte celle-ci pour faire le plein à la dernière station service roumaine et me remet ensuite sagement en queue de peloton. Très vite je constate que tout le monde n'a pas la même discipline, toutes les voitures qui arrivent ensuite remontant afin de passer en tête. Lorsque la seconde file devient assez longue, il s'en forme une troisième et ensuite une quatrième, ce qui bloque toute la largeur des voies montantes et descendantes. Les véhicules en provenance de Hongrie ne peuvent plus passer. Inutile de dire que plus rien n'avance et que nous avons droit à un beau concert de klaxons.
Après un bon bout de temps, arrive une voiture de police qui tente de mettre un peu d'ordre en limitant les files à trois, ce qui a pour intérêt ( ? ?) de faire passer les automobilistes de la quatrième file en première position ! !
Une heure plus tard, les véhicules roumains immatriculés à Arad ou Timisoara, se voient dirigés vers un portique spécial. Devant le bus forcent le passage dans toutes les files alors qu'un couloir leur est cependant réservé. Dans la mienne TROIS bus se suivent. Lorsqu'on sait combien de temps prend le contrôle d'un bus ...
L'énervement monte. Le concert s'amplifie. Des masses de personnes sont sorties de leur véhicule. Il fait froid. Déjà 4 heures et demi que j'attend pour avancer de quelques mètres.
Coup de chance, un officier se dirige vers moi et me désigne, ainsi qu'aux voitures qui me suivent, un portique d'entrée, afin de m'y faire contrôler. Une nouvelle porte s'ouvre en sus des DEUX malheureuses autres ( + celle des bus).
Le douanier me demande ce que je viens faire (sic). Il est occupé à encoder les passeports d'un bus entrant. Son collègue lui tient compagnie, sans doute afin qu'il ne s'ennuie pas. Après un certain temps ce dernier se décide à sortir et me dit qu'il va changer l'ordinateur de l'autre guichet. Il revient dix minutes plus tard avec un clavier sous le bras, qui ne semble pas mieux fonctionner que le premier. Encore plus tard, il jette l'éponge et m'informe que son collègue "des bus" nous contrôlera. Il doit y avoir un problème d'ordinateur car, notre tour venu le brave fonctionnaire se contente de jeter un vague coup d'oeil sur ma carte d'identité belge, refuse le permis de séjour belge de mon amie roumaine et se contente d'apposer un cachet dans son passeport. L'encodage sur ordinateur semble être devenu superflu !
File moins dense au poste hongrois (normal, tout le monde est encore en Roumanie !). En attendant, fouille de la voiture. Contrôle rapide des documents d'identité. Une fois de plus le douanier semble ignorer qu'une carte d'identité belge est suffisante pour passer la frontière. Ensuite seconde fouille de la voiture par ce qui semble un officier à la recherche de cigarettes et d'alcool. Ouf ! Non, 2 kilomètres plus loin, contrôle de la douane volante qui me demande ( ou me propose ? ? ?) "héroïne, cocaïne ? " Comme ma réponse est "nein" il m'est demandé à voir ma trousse de secours. Bien entendu, celle-ci se trouve au fond de mon coffre, en dessous de tous mes bagages ...
C'est enfin la voie libre qui doit nous mener à Budapest, où nous comptons loger.
Nous ratons la sortie de l'embranchement vers l'Autriche et nous nous retrouvons à errer dans un Budapest endormi. Quelques ivrognes ne peuvent nous aider. Les plaques indicatrices semblent inconnues ici.
J'avise un taxi en attente et lui demande mon chemin. Sur son plan de ville le chauffeur me montre qu'il n'est pas facile de rejoindre l'autoroute et se propose de nous y conduire. Je me confond en remerciements, mais il m'avise qu'il mettra son compteur en route. Bon c'est normal, mais il ne sait pas me donner une idée du prix de la course. Fatigué, énervé de tourner en rond depuis une heure dans Budapest et par l'attente à Nadlac, j'accepte. Nous filons à vive allure par de petites rues. Très vite je constate qu'un second taxi me suit et que nous semblons tourner en rond. J'ai compris que je me suis fais arnaqué. A l'entrée de l'autoroute, le chauffeur me montre son compteur arrêté sur 29.870 HUF (+ / - 118 Euros) ! ! ! ! Mes protestations n'y font rien. Ma voiture est bloquée entre les deux taxis et le second chauffeur vient s'enquérir si son collègue n'a pas de problèmes (sic). Comme je n'ai pas assez de liquide le chauffeur "m'invite" à en retirer à un distributeur automatique. C'est le retour dans le centre escorté par les deux compères. J'entre dans le hall d'une banque déserte, suivi par mes " bons samaritains". Je dois me disputer pour qu'ils s'écartent lorsque je compose mon code secret. J'ai compris qu'ils en veulent à ma carte de crédit. A l'extérieur mon amie tambourine de plus en plus fort sur la porte de verre (qui ne s'ouvre de l'extérieure qu'avec la carte) au risque de la démolir. C'est sans doute ce qui me sauve, car ils finissent par ouvrir la porte. Nous ne demandons pas notre reste et nous filons après avoir laissé 30.000 HUF. Pas cher pour ne pas recevoir un mauvais coup :-(
Il est 3 h 1/2 du matin et plus un seul motel ne peut ou ne veux nous louer une chambre. C'est à quelques dizaines de km de la frontière autrichienne que nous trouvons, en dehors de l'autoroute, un hôtel puant ou nous nous écroulons de fatigue.
Le matin, attente d'environ une petite heure à la frontière autrichienne où le contrôle se limite à un vague coup d'oeil sur les papier d'identité. Or c'est bien LA qu'est l'entrée dans l'UE et que devraient s'effectuer les contrôles les plus sévères. Mais non !
J'espère que mon récit aura au moins pour effet d'éviter pareilles mésaventures à l'un ou l'autre.
L'expérience n'est-elle pas les bêtises que l'on a faites et que l'on ne refera plus ?