L'adoption le 29 novembre 2001 de la Proposition de règlement du Conseil modifiant le règlement (CE) n° 539/2001 fixant la liste des pays tiers dont les ressortissants sont soumis à l'obligation de visa pour franchir les frontières extérieures des États membres et la liste de ceux dont les ressortissants sont exemptés de cette obligation laisse penser que la discrimination concernant la Roumanie ayant été levée, à partir du 1er janvier 2002 les Roumains pourront voyager dans les pays de l'Union Européenne sans visa, pour des séjours dont la durée totale n'excède pas 3 mois.
Quelle bonne et si attendue nouvelle !
Mais, aujourd'hui même on annonce dans la presse roumaine que les Roumains devront justifier d'une somme d'argent quotidienne pour les séjours à l'étranger :
Cetatenii romani nu mai pot calatori in UE fara minimum 500 de euro (Romania Libera)
"A partir du 1er décembre (par l'ordre 177/22 de novembre 2001 du Ministère de l'Intérieur), les citoyens roumains devront justifier qu'ils disposent d'une certaine somme d'argent pour voyager dans les pays de la CE. Il s'agit d'une somme équivalente à 100 euros par jour pour toute la durée déclarée du séjour à l'étranger. Cette somme pourra être justifiée en liquide, par cartes de crédit associées à des comptes en devises étrangères, chèques de voyage ou autres garanties financières (vaucher, lettre de garantie ou engagement de sponsorisation de la part d'une banque ou des ordres de payement). Le minimum à justifier est fixé à 500 euros correspondant à 5 jours de séjour. Ces sommes s'appliquent également pour les pays qui ne nécessitent pas de visa, à l'exception de la Turquie et les ex-pays socialistes pour lesquels le forfait quotidien est fixé à 50 euros.
Les exceptions à cette obligation sont : les mineurs ayant moins de 14 ans inscrits sur les passeports des parents, les Roumains ayant des contrats de travail dans les pays de destination, les personnes voyageant dans les pays voisins sur la base du permis de trafic local ou de passage simplifié délivré par les autorités frontalières, les mineurs qui se déplacent chez les membres de la famille établis à l'étranger, les personnes qui vont à l'étranger pour des traitements médicaux, conférences, études, manifestations sportives, ceux qui se déplacent suite au décès d'un membre de la famille établi à l'étranger et autres cas dûment justifiés."
On pourrait délicatement nommer ceci la "chute" d'un roman-fleuve, à l'image du Danube et de son Delta - paradis de la flore et de la faune unique en Europe et vaguement à la détresse. Quel ne devrait pas être le contentement du Premier ministre Adrian Nastase, dont la visite en France coïncide, comme dans une formule alchimique résistante à toute interprétation non avisée, avec cette élégance diplomatique qui nous révèle par la même occasion toute sa splendeur et ses sources inépuisables de rebondissements et surprises.
Monsieur le Premier ministre ne rentrera pas bredouille cette fois-ci de son voyage, mais avec plein de cadeaux pour petits et grands. La question de l'astérisque associé au nom du pays dans cet échantillon de réglementation européenne étant réglée, voyageons euros : il n'y a plus besoin de visa pour les chers compatriotes. Maintenant c'est l'argent qui fait le bonheur quand il paye comptant et le compte est bon.
Joyeux anniversaire et meilleures fêtes, Roumanie ! Sois pas triste, tu vois bien… le Père Noël t'aime !