L'Association de protection de l'enfance Hors la Rue s'inquiète de la mise en œuvre des accords sur le rapatriement des enfants roumains et s'interroge sur les objectifs réels du gouvernement.
L'association Hors la rue s'inquiète
www.horslarue.org
RAPATRIEMENT DES MINEURS ISOLES ROUMAINS
INQUIETUDES SUR LES DEUX ACCORDS FRANCO-ROUMAINS (2002 ET 2007)
Les mineurs isolés étrangers sont avant tout des enfants en grande difficulté ou en danger à qui il convient de venir en aide. En les considérant parfois comme de simples migrants ou pire simplement comme des délinquants, on contrevient à la Convention internationale sur les droits des enfants.
Il ne doit y avoir qu'un seul enjeu : la recherche au cas par cas de la meilleure alternative possible à leur situation de détresse.
Hors la Rue (HLR) effectue depuis début 2002 un travail de repérage des mineurs isolés roumains dans les rues de la région parisienne, d'accueil et d'accès au droit commun.
Nous développons par ailleurs depuis 2005 en Roumanie, des projets de prévention au départ des mineurs, d'accès à la formation professionnelle et de suivi des retours.
Pour certains mineurs, la meilleure alternative à l'errance est aujourd'hui une protection en France et une étude approfondie ("Que sont-ils devenus ?"), a montré que cette solution de réinsertion fonctionne parfaitement quand on veut bien la mettre pleinement en oeuvre.
Quand c'est un retour au pays qui apparaît comme la meilleure solution, notre expérience a démontré que seul un retour préparé avec le jeune, travaillé soigneusement avec la famille sur place, assorti de solutions solides de réinsertion et un suivi social attentif au pays, garantissent la protection et la sécurité du mineur en difficulté.
Un jeune roumain qui à son retour de France retrouve les mêmes conditions que celles dans lesquelles il est parti, sera tenté très rapidement de repartir dans les mêmes conditions de danger vers un autre pays occidental. Un retour mal préparé sera donc contre-productif voire dangereux.
Les étapes clés dans l'organisation d'un retour sont :
entretien avec le jeune pour comprendre son parcours, les raisons de son départ, sa motivation, ses capacités
contact avec sa famille au pays
évaluation sociale au pays, complète et rapide
préparation d'une reprise de scolarité ou de formation
adhésion du jeune au projet, et implication des parents le cas échéant
suivi post-retour par des services sociaux ou ONG
D'octobre 2002 à fin 2006, le nombre de rapatriements dans le cadre des accords diffère selon les sources. 59 est l'un des chiffres officiels cités par la partie roumaine. L'ANAEM semble avoir effectué plutôt entre 30 et 40 retours. 6 de ces rapatriements de mineurs ont eu lieu en 2006.
A titre de comparaison, l'association HORS LA RUE a suivi en 2006 15 mineurs rentrés cette même année en Roumanie :
6 mineurs isolés rentrés en Roumanie via l'ANAEM,
9 mineurs isolés rentrés par leurs propres moyens
Notre expertise et nos observations sur le terrain nous poussent aujourd'hui à remettre en cause les conditions de mise en oeuvre de l'accord franco-roumain de 2002, et à demander le retrait du nouvel accord de 2007, en attendant notamment un vrai bilan qualitatif du premier accord.